Dimanche 21 décembre 2008
Série: Les gouttes de Dieu
Tome: 1
Scénariste: AGI Tadashi
Dessinateur: OKIMOTO Shu
Editeur VF: Glénat
Editeur VO: Kodansha ltd
Pour tout vous dire, j'ai la chance d'avoir grandi dans un village qui accueille une université du vin, offrant des formations de troisième cycle universitaire sur le vin. Et Suze-La-Rousse est
réputé, pour cette "université". Et moi je ne bois pas de vin. Rien, pas un verre, je n'arrive pas. C'est vous dire si j'avais des chances d'être sensible au manga dont je vais vous parler. Si vous
avez un peu de mémoire dans vos lectures sur ce blog (et mon épouse en a fait preuve), vous vous souviendrez peut-être que je me suis moqué récemment de la sortie d'un manga parlant d'oenologie.
J'ai un peu bougé après avoir vu un fond d'écran lié à cette série, dont le dessin m'avait beaucoup plu, et que je vous ai donc proposé.
Samedi, durant ma séance de dédicace avec Maester, j'ai vu sur un présentoir les cinq tomes de la série bien mis en avant. Alors j'ai craqué. J'ai feuilleté quelques pages, et j'ai encore apprécié
le dessin. Au delà, j'ai beaucoup aimé voir la façon dont le dessinateur montrait, avec toute l'exubérance du style manga, le vin versé dans une carafe à décanter. Ca m'a fait mourir de rire, en
fait.
La lecture de ce premier tome m'aura définitivement convaincu de mon erreur initiale. L'histoire est véritablement intéressante en fait. Nous suivons Shizuku Kanzaki, fils d'oenologue respecté, et
Miyabi, une élève sommelière, dans le défi lancé par le père du premier, depuis son lit de mort, dans la recherche de grands vins d'exception. C'est très étonnant devoir les japonais découvrir le
terroir français, et ça se lit vraiment bien. Car le scénariste, Okitomo Shu, est un roublard. Il lance deux intrigues dans ce premier volume. Une concernant la première épreuve passée par Shizuku,
et l'autre concernant une erreur de Miyabi qu'elle doit réparer. Et n'en résout aucune dans ces deux cent premières pages. Le vil. Et mine de rien, on a envie de savoir,et donc d'acheter le second
tome. Bien joué monsieur Okimoto, chapeau bas.
Et donc, je vous parlais des effets de style propre au manga, qui donnent un certain sens du merveilleux à la dégustation du vin. Et finalement, lorsque l'on connaît un peu le langage des
oenologues, on réalise que ce style là est parfaitement adapté. Cela parle d'effets lumineux, d'impressions, de sensations. Un domaine idéal pour le manga. Le dessinateur a en plus une patte que
j'apprécie beaucoup, assez proche de ce que peux faire Tsukasa Hojo, le créateur de Cat's Eye ou City Hunter.
Donc je vous le recommande au plus haut point, même si le vin n'est pas votre tasse de thé...