Titre: Batman Dark Knight
Auteur: Frank Miller
Editeur VF: Delcourt, Panini Comics
Editeur VO: DC Comics
Attention, c'est du très très lourd que je vous propose pour ce "mercredi classique". Une oeuvre de référence pour toute la bande dessinée américaine, qui marque une époque et mit fin à ce que l'on appelait "l'âge d'argent". Avec Dark Knight, vint l'époque des super-héros sombres, violents et amoraux.
Dark Knight, c'est un futur potentiel de Batman. Un futur dans lequel Bruce Wayne a donné à regret sa retrait à son alter-égo. Un futur où les super-héros ont été mis sous coupe étatique, avec Superman à leur tête. Mais cette Gotham City du futur crève sous la violence, et lorsqu'un gang appelé Gang des Mutants projette de mettre en coupe réglée la ville, Bruce finit par craquer et par reprendre du service. Mais son action est très vite décriée par toute sorte de gens. Super-héros, ou fachiste violent et psychopathe?
Frank Miller n'est pas un homme qui fait dans la demi mesure. Toute son oeuvre le montre. Et lorsqu'il veut extraire une des facettes de Batman, il y va jusqu'au bout.
Il pose d'excellentes question, mine de rien. Car Batman est un homme qui fait régner sa loi, sans se soucier de respecter celle des hommes. Il frappe, menace, emprisonne, pénètre des lieux privés, sans se soucier de respecter le Droit. En soi, dans la réalité, ce genre de personnage serait proprement inacceptable. Mais plus encore, Frank Miller pose la question de l'influence psychologique d'un tel personnage sur ses adversaires. Et si Batman était un aimant à névroses, un catalyseur et un amplificateur? Et si tous les tarés qu'il affronte, étaient créés par sa présence? Un point de vue qui sera largement développé par la suite, mais fort original dans les années 80, à la sortie du comic-book. En montrant notamment un Joker qui repète les plombs aux premières images du chevalier noir, après dix ans de catatonie, Miller tranche largement la question. Batman est un des catalyseur de ce qu'il combat. Mais pas le seul, et la lâcheté humaine est largement à l'honneur dans les pages de Dark Knight. Remède, mal, Frank Miller brouille les pistes.
Miller ne se prive pas de tapper aussi sur l'amérique de son époque. Pour rappel, nous sommes encore dans la Guerre Froide avec l'URSS, à la sortie du comics, et l'affrontement est-ouest est bien encore préent dans l'album. Le président américain, sinistre clown, fait largement penser à Reagan, et l'idéologie de la liberté cher aux américains en prend un gros coup.
C'est tout cela qui fait de Dark Knight une oeuvre proprement de référence. Aux côtés de Watchmen, de V pour Vendetta, cette oeuvre marquera largement les comics des années 80, 90, et peut-être encore de nos jours. A tel point que cette oeuvre sert encore de référence pour toute histoire ressemblant à un futur apocalyptique potentiel pour le moindre héros de comics, et que Christopher Nolan, réalisateur de Batman Begins et Batman The Dark Knight, a largement puisé ses idées dedans.
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