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Dimanche 2 novembre 2008



Je dois dire que j'arrive un peu après la bataille, ce dessin ayant été publié par l'Express à la fin du mois de Juillet. En même temps, je bossais 55 heures par semaines, j'ai donc une bonne excuse. C'est suite au débat d'hier soir, chez Ruquier, entre Phillipe Val (Charlie-Hebdo) et Zemmour et Naulleau, que j'ai eu envie de retrouver ce dessin.


Les lecteurs réguliers de ce blog auront eu souvenir de la publicité que j'avais faite pour Siné Hebdo, le canard du dessinateur Siné, viré par le Phillipe Val en question, pour des propos que le big boss jugeait anti-sémite.
Il faut dire que Siné se gaussait du mariage du fils Sarkozy avec la fille Darty, et de l'information qui courrait à l'époque selon laquelle il allait se convertir à la religion de sa futur (judaïsme). Il y accusait largement le fils de notre bien aimé président d'opportunisme. Val y a vu de l'anti-sémitisme, je crois qu'il faut le détromper.


Siné ne disait pas juif= argent. Il disait darty= argent et J Sarkozy= opportuniste. Ce n'est pas pareil.
Je détail.  Darty, rappelons le, n'est pas qu'une publicité avant la météo avec une jolie fourgonette colorée. C'est une chaîne de magasins d'electro-ménager qui va bien merci, et qui a essaimé à travers toute la France (ailleurs, je ne sais pas). Ainsi donc, le fils de notre bien aimé président a-t-il choisi d'épouser une femme de son milieu, la haute-bourgeoisie. Il se lie ainsi à une famille doté de gros moyens financiers. On peut, pour l'humour, douter des sentiments amoureux de l'époux. Et en plus, à l'époque de "l'affaire Siné", trainait semble-t-il l'idée à paris, que le futur aurait pu se convertir au judaïsme pour plaire encore plus à sa famille. Ce qui est mis en avant par Siné, c'est justement le fond de l'engagement dans ce supposé changement de religion. Il a dis que Jean Sarkozy se convertissait pour toucher plus de blé dans la famille Darty.

Si cela c'est être anti-sémite, je suis donc anti-sémite. Moi je vois cela plutôt comme une critique de la bourgeoisie et de la reproduction des élites financières.




Venons en maintenant au dessin en question.
Plantu a voulu faire taire Phillipe Val qui montait sur ses grands chevaux, et appelait un certain nombre de ses amis (dont BHL) pour botter le train du vieux Siné. Il lui a donc rappelé, via ce dessin, combien il abusait, et combien son comportement était éloigné des valeurs qu'il prétend porter. Du moins, c'est ce que je comprends de ce dessin. En expulsant Siné à coups d'Oukases, en jetant l'anathème sur lui, il a eu un comportement inacceptable et qui devrait l'amener à réfléchir.
Val peut accuser Siné tant qu'il veut d'anti-sémitisme, mais Plantu, là, c'est autre chose. Cet homme est un journaliste mesuré, de talent, et intelligent.

Merci mr Plantu d'avoir remis à sa place Phillipe Val.


(PS: vous l'aurez compris, mais je n'aime pas Phillipe Val, et ce, je le précise, depuis bien avant l'affaire siné.)
(PS2: Ce blog ne vous aura sans doute pas habitué à tant de politique. Ne partez pas, n'ayez crainte, à priori je ne suis pas méchant.)
(PS3: Non, je ne parlerai pas de console de jeu dans cet article)
Par Yaneck Chareyre
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Mercredi 10 septembre 2008



Bande dessinée, journalisme et anti-politiquement correct. Siné Hebdo a tout pour me plaire, et c'est une joie que de lui faire de la publicité ici.
Siné est un auteur de bd de presse, un chroniqueur, qui s'est fait viré de *bip* par *bip* (il paraît qu'il faut s'entraîner à ne pas dire ces deux mots, à la rédac de Siné Hebdo, alors je m'entraîne aussi. Viré, parce qu'il avait osé se moquer de l'opportunisme de Jean Sarkozy, fils de Sarkozy le père, qui épouserait la fille "Darty", de confession juive, alors qu'il se disait fortement qu'il allait se convertir pour faire ce beau (et richement doté) mariage. Illico presto, Siné est désigné comme un anti-sémite dangereux à mettre au pilori.


Histoire de faire la nique à *Bip* et *Bip*, il sort donc cet hebdomadaire, auquel quelques noms intéressants, entre autre, ce sont joints: Geluck, Guy Bedos, Tardi, Vuillemin, Christophe Alévêque, Bruno Gaccio, Gérard Filoche, et beaucoup d'autres. (liste complète sur le SITE de Siné Hebdo)

Souhaitons donc longue vie à SIné Hebdo, et que tous les amateurs de presse et de dessin de presse engagé et audacieux soutiennent ce nouvel hebdo en l'achetant.
Deux euros, 16 pages, parution le mercredi, premier numéro aujourd'hui.
Par Yaneck Chareyre
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Lundi 4 février 2008
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Un donneur de leçon de mes amis (ce dernier terme n’étant pas ironique), a fort peu goûté la pique que j’ai lancé à la fin d’un article sur mon blog cinéma, consacré au film Astérix aux Jeux Olympique.

Il n’a pas apprécié du tout l’emploi du mot « insipide » pour décrire les derniers albums d’Uderzo. Je n’ai pas développé la pique sur l’article ciné, mais la discussion houleuse qui s’ensuivit, me donna idée d’un article, pour ce blog là, de bande dessinée.

 

Plus que d’Uderzo et d’Astérix, ce sont des grands classiques de la BD Franco-belge, dont je vais vous parler là : Astérix, Lucky Luke, les Tuniques Bleues, Thorgal, Spirou, entre autre.

Que puis-je reprocher à ces séries ? D’abord, je ne les mets pas toutes sur le même plan, et vous allez voir pourquoi.

 

 

 

Il y a, dans la bd européenne, un manque, il me semble, vis-à-vis de la BD américaine. Aux Etats-Unis (et l’on pourrait dire bien du mal du système américain, mais tel n’est pas l’objet de cet article), il est accepté couramment, que des auteurs différents puissent apporter des visions différentes et intéressantes à un même personnage. En gros, quand une équipe d’auteurs n’a plus rien à dire, elle n’hésite pas à laisser la place à une autre (souvent, les équipes se font virer, mais tel n’est pas l’objet du débat). Pour ceux à qui cela parle, on pourra parler de Kurt Busiek sur les Thunderbolts, ou de bien d’autres.

 

Mais tel n’est pas le cas en Europe. Ce qui fait que nous avons des séries populaires et quinquagénaires, qui paraissent toujours, avec les mêmes auteurs à la barre, complète ou incomplète, suivant si le scénariste est mort ou pas. Astérix, les Tuniques bleues, entrent dans cette catégorie. Thorgal y entrait encore, jusqu’à il y a peu.

Quel est donc mon souci avec ça ? En quoi cela me dérange-t-il ?

Pour faire simple, je pense qu’après 50 albums, un scénariste a le droit de ne plus rien avoir à dire. Un scénariste reste un homme comme les autres, et peut tout à fait avoir fait le tour, suivant ses capacités, du sujet qu’il traite. Mais, malheureusement, par habitude, par souci de profit, ou par aveuglement, certains continuent toujours sur leur lancée, et produisent des albums creux et guères intéressants.

Mon ami m’a rappelé, lorsque je lui ai évoqué ce fait, que ces albums que je juge sévèrement, se vendent particulièrement bien, pour certain ça se compte en millions d’exemplaires. Mais c’est qu’au-delà de la qualité intrinsèque de l’album, le lecteur veut autre chose. Il veut de la nostalgie, il veut du rituel. Souvenez vous de cette chanson de Renaud « La mère à titi », dans laquelle il décrivait l’appartement d’une vieille dame modeste, qui possédait chez elle un exemplaire du Grand Meaulne, un de ces romans qu’il fallait avoir pour faire bien, mais dont le contenu n’était pas intéressant pour lui-même. Les Astérix, les Thorgal, les Tuniques bleues, sont des albums qui entrent dans cette catégorie. Voilà cinquante ans que les enfants grandissent avec, ou les adolescents, et qu’ils sont devenus des adultes, voir des personnes un peu plus âgées que cela. Quand ils achètent un Astérix, aujourd’hui, ils achètent une part de leur enfance, ce souvenir qu’ils ont de lectures passionnées, qui, à la bibliothèque, qui dans le magazine Pilote (Matin, quel journal), ou que sais-je encore.

La qualité de l’histoire est accessoire. On la pardonne facilement, on se fait le regard moins critique. Car comment critiquer ce personnage qui nous donna tant de plaisirs étant enfant ?

Voilà comment on se retrouve avec un album comme Astérix et Latraviata, creux, vu et revu, ou Requiem pour un bleu, et ses multiples planches copiées intégralement.

 

Nous avons là des séries dont les scénarios sont indignes de ce qu’ils ont été par le passé, mais dont les auteurs persévèrent sur leur lancée.

Pour anecdote, je me souviens d’une séance de dédicace où je rencontrais Raoul Cauvin, scénariste, entre autre, des Tuniques bleues. Je lui demandais, sur le ton de la rigolade, s’il emmènerait un jour ses personnages sur le chemin de la paix. J’ai vu son regard se glacer, et outré, m’a répondu que c’était absolument impossible, que cela signifierait la fin de la série. Pourtant, quand on voit les derniers Tuniques Bleues, on en serait presque à souhaiter, pour qui ne met pas d’émotionnel derrière sa lecture, à ce que la série s’arrête.

 

 

 

Ou alors, évolue.

Car oui, même une série franco-belge peut évoluer, changer d’auteurs, et proposer toujours de nouvelles choses. Le cas le plus récent concerne Thorgal, série pour laquelle son scénariste et co-créateur, Jean Van Hamme, a estimé ne plus rien avoir à dire. Il a laissé sa place à un nouveau scénariste, pour faire prendre à sa série une nouvelle direction, qui sortirait des sentiers explorés depuis vingt-neuf albums. Je dois avouer qu’à l’annonce de cette nouvelle, j’en fus très agréablement surpris.

Mais Thorgal n’est pas le seul. Boule et Bill a été repris, depuis plusieurs albums par Martin Verron, qui propose là encore des visions différentes de l’auteur décédé, Roba.

Que dire de Lucky Luke, dont la reprise par Achdé et Laurent Gerra, mis fin à plusieurs albums soporifiques du genre de « l’Artiste Peintre », scénarisé par Bob de Groot, et dont le deuxième opus, « La corde au cou », a reçu d’excellentes critiques ?

L’ancêtre, dans cette configuration, est sans nul doute Spirou. Cette série a connu de multiples équipes créatives, qui chacune a donné d’excellentes histoires pour le groom. Pour ma part, par exemple, je reste extrêmement attaché à la vision donné par Tome et Janry, dans l’album prodigieux « Machine qui rêve », qui mena les personnages dans un univers beaucoup plus adulte, qui me convenait à merveille. Bon, depuis je boycott la suite de Spirou, mais non pas à cause des nouveaux auteurs, mais à cause des éditeurs qui virèrent Tome et Janry malgré leur succès.

 

Tous ces exemples pour montrer qu’à partir du moment où les auteurs acceptent de reconnaître leurs limites, la qualité est souvent au rendez-vous. On est jamais à l’abri d’un échec, mais dans l’ensemble, on a pas à se plaindre de la reprise d’une série ancienne.

Parfois il faut un peu de temps, comme Alix et son nouveau dessinateur, Christophe Simon, qui a remplacé un Rafael Morales choisit par le maître Jacques Martin, mais finalement peu convaincant.

 

Ainsi donc, je milite activement pour qu’Uderzo arrête le scénario, se trouve un auteur qui puisse renouer avec la qualité et permettre aux fans de mêler à la fois nostalgie et plaisir de lire.

Par Yaneck Chareyre
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