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Mercredi 18 juin 2008

 

Titre : Un ciel radieux

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur VF : Casterman

Collection : Ecritures

 

 

Je commence à avoir une certaine familiarité avec l’œuvre de Jirô Taniguchi. En quelques mois, j’aurais réussi à lire une bonne partie de ses publications en français. Il se dégage quelques similitudes. Un ciel radieux est tout à fait à sa place dans l’œuvre de Taniguchi.

Un accident survient entre un jeune homme en moto et un père de famille débordé par son travail. Le jeune se réveille après un mois de coma, mais ce n’est pas son esprit qui est là, c’est celui du père de famille. Il va ainsi adopter un nouveau point de vu sur lui, sa famille, la vie. Peut-être la dernière occasion pour lui de dire au revoir à sa femme et à sa fille.

 

Après avoir lu Quartier Lointain, on n’est donc pas dépaysé. J’aimerai savoir quels sont les rapports qu’entretien Taniguchi avec la mort. Cela semble en tous cas beaucoup le préoccuper.

Mais ce n’est pas parce que l’on est en terrain connu, que Taniguchi ne parvient pas une fois de plus à nous émouvoir. Les larmes me sont venues vers la fin, touché par les émotions dégagées par le père de famille. Pouvoir dire adieu aux siens, il est vrai que c’est sans doute le secret espoir de beaucoup d’entre nous. Et donc cet album nous parle, fait vibrer en nous quelque chose, notre corde sensible.

 

Une fois de plus, je me dois de ne pas vous parler trop des détails de l’album, vous laissant le plaisir de découvrir les étapes et les détails de cette magnifique histoire.

Encore une fois, Taniguchi montre qu’une histoire simple peut être un petit bijou.

par Yaneck Chareyre publié dans : Jirô Taniguchi communauté : Fous de Bande-dessinée
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Jeudi 29 mai 2008




Titre : Quartier lointain (intégrale)

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur : Casterman

Adaptation : Frédéric Boilet

 

 

Quartier lointain, c’est une claque, que j’ai reçue, par cette lecture. Une passion qui est née, qui fait que cet album sera pour moi une référence pendant longtemps.

Taniguchi est l’un de mes auteurs favoris, ce n’est absolument pas une surprise pour tous ceux qui lisent ce blog. Mais voilà, l’homme qui marche, par exemple, m’avait déçu, et je sais être critique envers lui. Mais Quartier Lointain est une vraie réussite, une œuvre mémorable, et si le festival d’Angoulême a primé ce livre, maintenant, je sais pourquoi.

 

Le dessin est parfait, c’est du pur Taniguchi, il n’est même pas nécessaire d’y revenir. Ce qui me touche, c’est le scénario. C’est le thème de cet album. Une force, une trouvaille.

Nakahara est un quarantenaire typique du Japon. Il vit pour son travail et sa petite famille. Sans savoir comment ni pourquoi, il se retrouve à suivre la route vers la ville de son enfance et de son adolescence. Là où sa famille vivait, là où son père les a abandonné, là où sa mère est morte, âgée. Un papillon passe, un malaise survient, sur la tombe de cette mère, et Nakahara découvre. Il se redécouvre adolescent, tel qu’il était à quatorze ans, à revivre les évènements de l’époque, tout en gardant son esprit de quarante ans pour les comprendre.

Ce concept là est puissant. Qui ne s’est jamais dit que l’adolescence aurait pu se passer différemment pour soi, avec un peu plus de jugeotte ? Le personnage a cette chance là, et l’on se verrait sans doute bien, tous, à sa place. Il se souvient des évènements à venir, et de ce départ mystérieux d’un père qui les abandonne. Il sait que sous quelques mois cela va arriver. Et il aimerait comprendre.

 

Je ne vous en dirai pas plus sur les rebondissements de ce livre, il faut les découvrir par soit même, laisser l’auteur nous guider. Il le fait finement, permet à son personnage de régler toutes les questions qui se sont posées à lui par le passé. On aimerait être à sa place, vraiment.

Reste une dernière question : Nakahara a-t-il rêvé, ou bien cela s’est-il véritablement passé ? Je ne vous le dirai pas, car Taniguchi répond à cette question à la fin du livre, et le fait d’une fort belle façon.

 

Je me sens plein de respect, pour cette œuvre, que je considère au-delà d’une œuvre de divertissement. C’est la bande dessinée que j’aime, celle qui fait montre des noblesses de cet art.

Arrigato Taniguchi Jirô-sama. Domo arrigato.

par Yaneck Chareyre publié dans : Jirô Taniguchi communauté : Fous de Bande-dessinée
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Jeudi 8 mai 2008


Titre : L’homme qui marche

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur VF : Casterman

Collection : Ecritures

 

Je vous devine. Vous vous dites « ah, encore un taniguchi, on sait ce qu’il va dire »…

Hé bien non. Pour une fois, mon avis sera différent. Sincèrement, je n’ai pas terminé cet album. Pour reprendre la formulation d’un ami, cet album m’a fait pensé « au gourmet solitaire, la cuisine en moins ». Sacré moins en fait. L’aspect contemplatif du gourmet était fort bien marié avec la découverte culinaire. Et ma fois, sans cet aspect, ça devient sec, le contemplatif.

 

Je ne suis pas du tout rentré dans l’album. Il manque un fil conducteur. Ou du moins, un fil plus épais que « un monsieur se ballade et prend le temps d’observer les choses autour de lui ». Je suis ouvert, et encore plus envers la culture japonaise, mais là, non, ce n’est plus possible. Trop minimaliste.

 

Je n’ai pas grand-chose de plus à raconter sur cet album. Ainsi donc, celui de Taniguchi que je n’aimerai pas. Ma foi, il en faut toujours un.


par Yaneck Chareyre publié dans : Jirô Taniguchi communauté : Fous de Bande-dessinée
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Samedi 19 avril 2008


Titre : Terre de rêves

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur : Casterman

Collection : Ecritures

 

 

Et oui, encore du Taniguchi… Ma médiathèque possède un gros stock de ses œuvres. Pas toutes, et je serai celui qui leur fera acheter « Kaze No Sho », dont vous savez tout le bien que je pense.

A chaque fois qu’il y a un Taniguchi, je fonce. Autant aller jusqu’au bout de cette passion. Je n’aurai de cesse de tout lire de lui.

 

"Terre des rêves", je l’ai pris sans savoir ce qu’il y avait à l’intérieur. Je n’ai pas eu à le regretter. J’ai même failli écraser une larme à la fin du premier chapitre, tant je me suis retrouvé bouleversé.

Encore une fois, il ne se passe rien dans ce manga. Pas d’explosions, pas de batailles inter-galactique… Une simple histoire, belle et émouvante. Jirô Taniguchi y raconte ce qu’il a vécu, la perte d’un chien aimé. La mort lente et dans la déchéance de son ami à quatre pattes. L’agonie de ce chien, cette année décrite durant laquelle il descend dangereusement vers la fin, est tout en simplicité, l’essence de Taniguchi. Des mots forts, des dessins très réalistes. On devient triste pour ce couple qui fait tout pour aider leur animal de compagnie. Et puis la suite, l’arrivée d’un nouveau compagnon, différent.

 

Taniguchi dit bien qu’il pensait que jamais cette histoire ne serait publiée. Heureusement pour nous, ce fût le cas, et Casterman y a adjoint une histoire sur la montagne, sur un alpiniste japonais passionné de l’Everest. Une grande passion de l’auteur. Efficace, intéressant, même si passer après « Avoir un chien » est une gageure, tellement cette histoire est forte.

 

Je ne sais pas si je serai un jour déçu par une œuvre de Jiro Taniguchi. Ce qui est sûr, c’est que « Terre de rêves » ne sera pas celles-ci.


par Yaneck Chareyre publié dans : Jirô Taniguchi communauté : autour de la BD
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Lundi 7 avril 2008

 

 

 

Titre : Le Sommet des Dieux

Scénariste : Yumemakura Baku

Dessinateur : Jirô Taniguchi

Editeur : Dargaud

Collection : Made in Japan

 

 

En passant à la médiathèque, j’ai cherché à prendre de quoi écrire en ces lieux. Je m’étais un peu relâché, j’avais baissé le rythme, alors j’ai tenu à me rattraper.

Je suis tombé sur le premier tome du Sommet des dieux, alors je me suis lancé.

Pourquoi ? Pour Taniguchi. Et dans la foulée, je vais créer une catégorie sur ce blog pour rassembler ses œuvres, puisque fondamentalement, quand je parle manga, je parle de Taniguchi, en ce moment.

 

Le sommet des dieux, c’est une série consacrée au monde de l’alpinisme japonais. J’ai d’ailleurs été un peu déstabilisé par ce premier tome. Il commence de manière très intrigante, avec une expédition perdue sur l’Everest, dans les années 20. On a l’impression que quelque chose de pas naturel se passe. D’ailleurs, le narrateur retrouve un appareil photo venu de cette expédition, et on croit alors qu’il recèle quelque chose de secret… Mais le reste de ce premier tome ne nous éclaire pas sur ce point là. Il nous dépeint le personnage d’un alpiniste, Habu Jôji, un personnage secret, venu se perdre dans les montagnes népalaises. Ce premier tome lui est consacré, à son parcours, à ses exploits. Comme si Yumemakura Baku s’amusait avec nous, en nous mettant l’eau à la bouche, puis en déviant volontairement notre attention de l’objet de notre désir. C’est extrêmement frustrant, mais je dois dire que ça donne vraiment envie de lire la suite.

 

J’ai eu peur en lisant cet album. Je dois avouer que je suis phobique du vide. Me faire marcher au bord d’une falaise relève de la gageure. Et quand j’arrive à prendre un chemin proche d’un a-pic,  il me faut toute ma concentration pour ne pas paniquer.

Et je remercie Taniguchi de me faire ressentir cela au creux de mon lit…. Car forcément, qui dit alpinisme, dit hauteur, vide, parois vertigineuses… Qui dit aussi bivouac à flanc de falaise, dans une tente qui tient grâce à des pitons plantés dans la falaise. Rien que de l’écrire, je suis mal à l’aise… C’est vous dire à quel point Jirô Taniguchi est efficace et précis dans son trait. Ses montagnes sont réelles, elles sont menaçantes, elles me font peur.

 

 

Je vais me débrouiller pour trouver les tomes suivants. Une histoire pleine de mystère, un dessin que j’aime vraiment, deux bonnes raisons de continuer le Sommet des Dieux.

par Yaneck Chareyre publié dans : Jirô Taniguchi communauté : Fous de Bande-dessinée
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Vendredi 22 février 2008
le-gourmet-solitaire.jpg

Titre : Le Gourmet Solitaire

Scénariste : Masayuki Kusumi

Dessinateur : Jirô Taniguchi

Editeur : Casterman

Collection : Sakka

 

J’ai la chance d’avoir accès aux médiathèques de Grenoble, la ville où je vis. J’y prends beaucoup de bandes dessinées, et pour une fois, j’en ai choisi une avec la ferme intention d’en parler ici.

Cette œuvre que j’ai choisie, elle m’avait été conseillée par un ami, je faisais ainsi d’une pierre deux coups. C’est un manga, histoire de contribuer un peu à la diversité de cet endroit.

 

Une œuvre très particulière, très éloignée des clichés habituels du genre. Pas d’éclaboussures de sang, ni d’adolescentes évaporées. Juste le journal de bord d’un « gourmet solitaire ». Cet homme, on ne sait pas grand-chose de lui. Il est grossiste, il vend des marchandises à des professionnels. Lesquelles, on ne sait pas. En tous cas, il a des clients à travers tout le Japon. Mais ce n’est pas là la chose importante. On ne sait même pas comment il s’appelle. Pas important non plus.

Ce qui est important, c’est que cet homme est un gourmet. Il aime manger, il aime découvrir en mangeant.  Chaque escale dans un restaurant est une histoire à part entière. Il y a quelque chose du haïku, dans ce livre, ces poèmes traditionnels japonais (que vous trouverez par ailleurs LA, pour ce qui est de mes créations personnelles en la matière). Chaque histoire capte l’essence d’un moment, d’une rencontre entre un homme, un lieu, et un plat. Ce livre est une quête du moment parfait, de l’harmonie.

 

Ce livre, c’est aussi pour nous occidentaux, une découverte. Découverte du Japon contemporain, découverte de faits culturels, éloignés des clichés et des poncifs. Nous y apprenons par exemple que la nourriture est servie suivant deux possibilités : soit qu’elle accompagne l’alcool, soit pour elle-même. Suivant que vous êtes dans l’une ou l’autre des situations, on ne vous servira pas du tout les mêmes plats.

 

Masayuki Kusumi est l’auteur de ces histoires. Le gourmet solitaire lui ressemble un peu.  Une poste-face de sa main nous éclaire sur leurs différences, mais aussi sur leur point commun. Tous deux sont ouverts à la découverte, tous deux aiment et attendent la rencontre.

C’est Jiro Taniguchi qui met tout cela en image. J’ai déjà parlé de lui via Kaze No Sho, mais vraiment, c’est un auteur que j’affectionne. C’est un dessinateur complet. A l’aise sur les décors et les architectures, il est tout autant capable de traduire avec vérité les émotions de ses personnages. Le tout avec un trait simple, précis, efficace.

 

« Le gourmet solitaire » est réservé aux amateurs de récits atypiques. Il ne s’y passe rien, il n’y a pas d’histoire. Seuls ceux qui ont l’esprit de découverte pourront trouver le sens de tout cela.

par Yaneck Chareyre publié dans : Jirô Taniguchi communauté : autour de la BD
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Jeudi 3 janvier 2008
Kaze-No-Sho.jpg


Titre: Kaze No Sho
Scénariste: Kan Furuyama
Dessinateur: Jiro Taniguchi
Editeur Français: Panini
Collection: Génération Comics

Kaze no sho....Le Livre du Vent.
Manga dessiné par Jiro Taniguchi, grand maître de l'art (même primé à Angoulême, c'est vous dire si son talent à franchit les frontières), et scénarisé par Ken Furuyama, grand spécialiste des mangas historiques.

Voici un manga en un tome. Pas de longue série à suivre pendant des mois, juste une simple histoire. Un pan de l'histoire du japon. Une figure presque mythique: Yagyû Jubei.
L'histoire commence au début de l'époque d'Edo, en 1649. L'Empereur ne gouverne plus le Japon, c'est le Bakufu Tokugawa, le shogunat. Bakufu soutenu par plusieurs clans, à l'époque, dont le clan Yagyû. Le chef du clan était le maître d'arme du shogun. Son, clan, était chargé de s'assurer que les Daimyos ne complotent pas contre le Bakufu. Autrement dit, le clan Yagyû était un clan de ninjas.

Le Clan Yagyû possédait entre autre, deux "trésors": "le testament de Gongen", un écrit du Shôgun Ieyasu, et l'autre intitulé "Les chroniques des anciens". Deux textes secrètements gardés par le clan, car susceptible, se disait-il, de faire chuter les Tokugawa.
Un tel document ne pouvait être d'une quelconque utilité à un Mikado, un Empereur revanchard. Ses ninjas voleront donc les textes, et l'aideront à mener une rebellion, que les Yagyûs, accompagnés des autres clans ninja Iga et Kôga, tenteront de réprimer sans que la guerre n'embrase l'île.

Combats au katana, intrigues politiques du moyen-âge japonais et tactiques militaires sont au programme de ce manga que l'on peut qualifier d'incontournable.
Un dessin propre, très stylé, fidèle aux canons du manga, mais suffisamment classique pour ne point trop dérouter un lecteur de franco-belge.
L'histoire en elle-même est très intéressante pour tout lecteur avide de connaitre plus de choses sur le Japon du moyen-âge.

Petite anecdote qui me fait plaisir. Dans l'histoir,e on nous présente un samouraï paysan, ninja du clan Iga, et son fils. Le fils doit ramener seul aux Yagyû des informations, malgré la neige, et il y arrive. Le nom de cet enfant, Matsuo Kinsaku. Connu plus tard sous le nom de Bashô. Un des plus célèbres poètes de haïku. Si son appartenance au clan ninja ne fait aucun doute, on pense aussi qu'une fois moine, bashö continua de faire de l'espionnage.
par Yaneck Chareyre publié dans : Jirô Taniguchi communauté : Fous de Bande-dessinée
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