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Jirô Taniguchi

Mercredi 14 octobre 2009



Titre: Le promeneur

Auteur: Jirô Taniguchi

Editeur VF: Casterman

Editeur VO: Sampomono

 

 

Je n'ai pas tout à fait épuisé le stock des ouvrages de Jirô Taniguchi. J'ai bien fait le tour, mais il me restait celui-ci, acheté avant l'été, et que je n'avais pas encore chroniqué.

C'est le deuxième album consacré par l'auteur à la déambulation, la marche, la promenade. Autant j'avais trouvé le premier cryptique et obscur, autant celui-ci (parce que plus court?) est plus accessible.

Le personnage principal, travailleur, marié, âge moyen, profite de la moindre occasion pour se promener, et découvrir les endroits qu'il traverse à son rythme.

 

Bien que plus accessible, cet album ne fait pas partie de mes préférés de l'auteur. J'entends pleinement ce qu'il nous dit sur la promenade, et sur ses vertues, mais je dois avouer que je ne suis pas encore prêt à aller aussi loin dans la démarche. Pour moi, la promenade reste une activité utilitaire, un moyen de déplacement. qui sait, peut-être dans quelques années verrais-je les choses autrement. Je relirai ce livre, et cette fois-ci, il me parlera totalement.

Par Yaneck Chareyre
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Mardi 25 août 2009


Titre: L'Orme du Caucase
Scénariste: Utsumi Ryuichiro
Dessinateur: Taniguchi Jirô
Editeur VF: Casterman
Editeur VO: Shogakukan


Qu'il est rare pour moi de me forcer à faire une chronique. Il y a des albums qui ne me donnent pas du tout envie, d'autres pour lesquels je n'écris rien de bien intéressant.
Nous sommes dans un autre cas, avec l'Orme du Caucase. J'ai presque peur d'abîmer la beauté de cet ouvrage, en parlant de façon incorrecte de son contenu. Un respect énorme, qui me donnerai envie de me mettre face contre terre, à la japonaise.

Pourtant, je vais vous parler d'un de ces rares Taniguchi que je n'avais pas encore lu.
Il est d'une telle qualité, une fois de plus, que je ne peux pas le laisser totalement hors de l'ombre et hors de ces pages. Taniguchi Jirô n'est pas l'auteur du scénario, mais celui-ci reste tout à fait dans la lignée des oeuvres du mangaka.
Vous trouverez huit histoires, huit nouvelles, écrites par Utsumi Ryuichiro. Toutes ont pour thème la famille, sans jamais se répéter. Des familles plus ou moins heureuses, plus ou moins en bon état. Mais il n'y a aucun méchant, dans ces pages, aucun vilain à punir. Que des gens, avec leurs qualités, leurs défauts.

J'en retiendrai deux que je vais mettre en avant, pour les autres, je vous recommande plus que chaudement la lecture de cet ouvrage.
"Les environs du musée", est une superbe histoire sur une vieille femme, veuve, qui découvre par hasard qu'elle pourrait refaire sa vie, qu'elle peut aussi aimer, puisqu'elle a rempli ses fonctions sociales avec son précédent mariage, arrangé. Il y a une pudeur, entre ces deux personne, absolument délicieuse. Et puis le renaissance de cette femme se fait avec tellement de douceur, qu'elle est tout simplement criante de vérité.
Je veux aussi vous parler de "Son pays natal". Une histoire que je vois un peu plus négativement. C'est l'histoire d'une française, qui se marie avec un japonais, et qui vient vivre avec lui au pays. Mais la mère du mari refuse ce marriage, et lorsque l'époux meurt brutalement, la femme se retrouve totalement isolée, sans famille, dans un pays qu'elle ne connaît guère. Mais sa passion pour la katazome, des tableaux faits de collages, lui permit de se faire au pays. Et lors de sa grande exposition, sa belle-mère vient tomber en pamoison devant un tableau évoquant le souvenir de son fils, et les deux femmes se retrouvent enfin.
Cette histoire me dérange, parce que d'une certaine façon, elle montre le manque total d'ouverture de certains japonais. La Belle-mère n'acceptera sa brue qu'une fois que celle-ci aura fait la preuve de son appartenance à la culture japonaise. Elle ne l'accepte pas pour ce qu'elle est, mais pour ce qu'elle est devenue. Je ne sais pas quel était le propos de Utsumi avec cette histoire, mais en tous cas, c'est la lecture que j'en fais moi, occidental.

Il n'est pas inutile de le redire, L'Orme du Caucase est une petite merveille qui vient montrer une fois encore que Taniguchi Jirô est un grand de la bande dessinée mondiale.
Par Yaneck Chareyre
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Mardi 28 juillet 2009



Titre: Un zoo en hiver
Auteur: Jiro Taniguchi
Editeur VF: Casterman
Collection VF: Ecritures



Lire un nouveau Taniguchi est toujours pour moi un incroyable plaisir. Les occasions d'être déçu par ce mangaka ont été assez rare, mais à l'inverse, on ne peut que constater la très grande qualité de la plupart de ses oeuvres.
Jiro Taniguchi nous livre ici un album inspiré d'un pan de sa vie qu'il n'avait pas encore exploré en dessins, à savoir comment il est devenu mangaka. Son personnage, puisque ce n'est pas directement de lui dont il s'agit, est un jeune graphiste occupé par un emploi sans grand intérêt. Presque par hasard, il se laisse convaincre à faire un essai chez un grand mangaka de Tokyo, essai concluant. AInsi donc, en quelques jours, le jeuen homme qu'il est peut commencer à vivre de son dessin. Mais l'univers des créateurs de manga n'est pas un univers tendre, et Hamaguchi, le héros, va devoir lutter pour y faire sa place.

Il y a deux aspects très intéressants, dans cette nouvelle oeuvre de Taniguchi.
Je parlerai d'abord de l'histoire d'amour, pour en venir ensuite au coeur de l'histoire. Pour exprimer les sentiments, Taniguchi est l'un des plus grands dessinateurs. Sans débauche d'effets spéciaux, comme le manga aime à le présenter, il réussit à nous dépeindre une relation toute en finesse, qui n'ose s'avouer, et où l'on prend peur que notre lecture ne vienne l'abîmer. Quartier Lointain avait été l'occasion de commencer à voir cela, mais là, Taniguchi dispose des moyens de faire aboutir son histoire.

Ensuite et surtout, l'intérêt de ce manga, c'est de nous faire découvrir le monde des mangakas. Un monde très éloigné du monde de la bd européenne, et même d'une bonne part de la bd américaine. Car au Japon, lorsqu'on lit qu'un auteur est à l'origine d'une oeuvre, il n'y a aucune garanti qu'il soit le seul dessinateur à l'ouvrage. C'est ce que l'on appelle le fonctionnement en studio. L'auteur vedette réalisant le découpage de l'histoire, les personnages principaux, puis laissant le soin à ses assistants de réaliser les décors, les ombres, etc... Une conception assez impensable pour des européens, où l'auteur est seul maître à bord et doit tout réaliser par lui-même. Et pas si courant que cela aux Etats-Unis, malgré le fait que dessinateur, coloriste et encreurs soient souvent séparés. Le dessinateur réalise véritablement le dessin seul (des exceptions existent, et je pense particulièrement au Studio Deodato).
Au Japon, il n'y a rien d'illogique à ce fonctionnement. Nous sommes dans une société où l'individualisme est fort peu une valeur cardinale, où la somme du travail compte plus que les individualités nécessaire pour le réaliser. Mais cela interroge forcément sur notre façon de voir le travail, et la vie en société. Et bien entendu, sur la création.

A côté de cela, on retrouve les thèmes fétiches de Taniguchi, à savoir le rapport à la famille, au poids des traditions et des attentes.
Encore une belle réussite de la part de cet auteur qui est de plus en plus traduit en France.
Par Yaneck Chareyre
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Vendredi 28 novembre 2008





Titre: Le sauveteur
Auteur: Jirô Taniguchi
Editeur VF: Casterman
Collection: Sakka




Il y avait longtemps que je ne vous avais pas proposé un album de Taniguchi. Mea culpa. J'avais en stock un album de lui, que je n'avais pas encore pris le temps de lire. J'aurai du le faire plus tôt.
Pour être honnête, l'histoire commençant par desquestions d'alpinisme, j'ai commencé par me dire qu'on avait droit à un retour du "Sommet des dieux". Homme de peu de foi que je suis. Les pages suivantes m'ont rapidement fait prendre conscience de mon erreur, et une fois cet album terminé, je puis le dire, c'est encore une histoire merveilleuse.
Certes, cela commence avec de l'alpinisme. Shiga a vu son meilleur ami épouser l'une de leurs amies communes, et mourir peu après dans l'ascension d'un sommet himalayen. Les derniers mots de cet ami furent pour Shiga. Pour qu'il prenne soin de sa femme et de sa fille. Or, justement, Mégumi, quinze ans, vient de disparaître. Sa mère pensait la trouver en montagne, avec Shiga, mais ce n'est pas le cas. Alors Shiga revient à Tokyo pour mener l'enquête en parallèle de la police. Je ne vous en dirai pas plus, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, puisque c'est aussi une histoire d'enquête.

Taniguchi est un auteur très doué pour nous raconter le passé du Japon, ou pour les petites histoires très personnelles. Dans ce livre, il ose porter un regard critique sévère sur lasociété moderne japonaise. Sur ses lieux de vie, sur ses travers cachés, sur le fait de garder la face. Il ne nous en a pas donné l'habitude, mais il le fait avec justesse et efficacité. J'ai encore une fois été très touché par son récit, par laforce dont fait preuve le personnage principal, qui ne dévie pas deses valeurs, et ne renonce jamais à tenir sa promesse. D'une certaine façon, peut-être est-ce là l'illustration moderne du samouraï. Une figure de héros idéal, pour rappeler aux japonais qui ils sont et d'où ils viennent. Pour leur montrer que leur monde change, et pas que en bien.

Ce livre, je vais le rendre à la bibliothèque avec regret. Il me touche profondément. J'espère pouvoir lire ici les réactions d'autres lecteurs de cette oeuvre magnifique.

Par Yaneck Chareyre
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Samedi 4 octobre 2008




Titre : La montagne magique

Auteur : Jiro Taniguchi

Coloristes : Walter et yuka

Editeur : Casterman

 

 

 

Cet album de Taniguchi est une nouveauté en France. Voilà quelques temps qu’il trônait derrière la caisse de mon libraire préféré, et j’attendais le bon moment pour le lire.

Coup de chance, ma médiathèque préférée, elle, a commandé cet ouvrage, ce qui m’a permis de le lire, donc.

Il y a des constances, dans l’œuvre de Taniguchi. Les héros enfants, le passé, la présence de la mort, le mystérieux. A ce titre, Montagne magique est pleinement une œuvre de Taniguchi.

Tottori est la ville de naissance de l’auteur. Cette ville est surplombée par une superbe montagne, sur laquelle se dressait par le passé un château. Elle est creusée de quelques souterrains, qui font la joie et la peur des enfants, qui n’osent s’avancer plus que de quelques mètres à l’intérieur. Lehéros, dont la mère est très malade, et le père décédé, va faire la rencontre d’une salamandre qui lui parle, une créature magique venue de la montagne.

 

C’est ce que j’aime chez Taniguchi. A partir d’un univers très réel, très imprégné de normal, il trouve toujours le moyen d’injecter une dose de magie, de merveilleux, qui donne une saveur toute particulière à ses ouvrages. C’est sans doute une grande caractéristique du Japon, qui n’a pas eu à subir l’écrasante omniprésence culturelle du christianisme. Le bouddhisme a laissé vivre les légendes populaires, et les croyances animistes. Ainsi donc, des histoires de Salamandres géantes (espèce uniquement présente sur les îles du Japon, capable de vivre cent ans…), il en existe de nombreuses dans l’archipel, et Taniguchi n’a eu qu’à broder la sienne. En France, le christianisme a complètement écrasé ces croyances.

 

Cette histoire est donc simple, mais fort jolie. Comme toujours, Tanuiguchi parvient à toucher notre cœur, et notre mémoire d’enfant.

Particularité de cet album, il est en couleur, au format franco-belge. Une envie de l’auteur, touché très jeune par les albums européens, bien plus classieux que les mangas jetables.

C’est étrange de voir son trait colorisé. C’est inhabituel et un poil déroutant. Je ne suis pas certain que l’album y gagne véritablement.

 

Mais c’est histoire de chipoter. Cet album est encore un très bon album de Jiro Taniguchi.
Par Yaneck Chareyre
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Mercredi 18 juin 2008

 

Titre : Un ciel radieux

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur VF : Casterman

Collection : Ecritures

 

 

Je commence à avoir une certaine familiarité avec l’œuvre de Jirô Taniguchi. En quelques mois, j’aurais réussi à lire une bonne partie de ses publications en français. Il se dégage quelques similitudes. Un ciel radieux est tout à fait à sa place dans l’œuvre de Taniguchi.

Un accident survient entre un jeune homme en moto et un père de famille débordé par son travail. Le jeune se réveille après un mois de coma, mais ce n’est pas son esprit qui est là, c’est celui du père de famille. Il va ainsi adopter un nouveau point de vu sur lui, sa famille, la vie. Peut-être la dernière occasion pour lui de dire au revoir à sa femme et à sa fille.

 

Après avoir lu Quartier Lointain, on n’est donc pas dépaysé. J’aimerai savoir quels sont les rapports qu’entretien Taniguchi avec la mort. Cela semble en tous cas beaucoup le préoccuper.

Mais ce n’est pas parce que l’on est en terrain connu, que Taniguchi ne parvient pas une fois de plus à nous émouvoir. Les larmes me sont venues vers la fin, touché par les émotions dégagées par le père de famille. Pouvoir dire adieu aux siens, il est vrai que c’est sans doute le secret espoir de beaucoup d’entre nous. Et donc cet album nous parle, fait vibrer en nous quelque chose, notre corde sensible.

 

Une fois de plus, je me dois de ne pas vous parler trop des détails de l’album, vous laissant le plaisir de découvrir les étapes et les détails de cette magnifique histoire.

Encore une fois, Taniguchi montre qu’une histoire simple peut être un petit bijou.

Par Yaneck Chareyre
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Jeudi 29 mai 2008




Titre : Quartier lointain (intégrale)

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur : Casterman

Adaptation : Frédéric Boilet

 

 

Quartier lointain, c’est une claque, que j’ai reçue, par cette lecture. Une passion qui est née, qui fait que cet album sera pour moi une référence pendant longtemps.

Taniguchi est l’un de mes auteurs favoris, ce n’est absolument pas une surprise pour tous ceux qui lisent ce blog. Mais voilà, l’homme qui marche, par exemple, m’avait déçu, et je sais être critique envers lui. Mais Quartier Lointain est une vraie réussite, une œuvre mémorable, et si le festival d’Angoulême a primé ce livre, maintenant, je sais pourquoi.

 

Le dessin est parfait, c’est du pur Taniguchi, il n’est même pas nécessaire d’y revenir. Ce qui me touche, c’est le scénario. C’est le thème de cet album. Une force, une trouvaille.

Nakahara est un quarantenaire typique du Japon. Il vit pour son travail et sa petite famille. Sans savoir comment ni pourquoi, il se retrouve à suivre la route vers la ville de son enfance et de son adolescence. Là où sa famille vivait, là où son père les a abandonné, là où sa mère est morte, âgée. Un papillon passe, un malaise survient, sur la tombe de cette mère, et Nakahara découvre. Il se redécouvre adolescent, tel qu’il était à quatorze ans, à revivre les évènements de l’époque, tout en gardant son esprit de quarante ans pour les comprendre.

Ce concept là est puissant. Qui ne s’est jamais dit que l’adolescence aurait pu se passer différemment pour soi, avec un peu plus de jugeotte ? Le personnage a cette chance là, et l’on se verrait sans doute bien, tous, à sa place. Il se souvient des évènements à venir, et de ce départ mystérieux d’un père qui les abandonne. Il sait que sous quelques mois cela va arriver. Et il aimerait comprendre.

 

Je ne vous en dirai pas plus sur les rebondissements de ce livre, il faut les découvrir par soit même, laisser l’auteur nous guider. Il le fait finement, permet à son personnage de régler toutes les questions qui se sont posées à lui par le passé. On aimerait être à sa place, vraiment.

Reste une dernière question : Nakahara a-t-il rêvé, ou bien cela s’est-il véritablement passé ? Je ne vous le dirai pas, car Taniguchi répond à cette question à la fin du livre, et le fait d’une fort belle façon.

 

Je me sens plein de respect, pour cette œuvre, que je considère au-delà d’une œuvre de divertissement. C’est la bande dessinée que j’aime, celle qui fait montre des noblesses de cet art.

Arrigato Taniguchi Jirô-sama. Domo arrigato.

Par Yaneck Chareyre
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Jeudi 8 mai 2008


Titre : L’homme qui marche

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur VF : Casterman

Collection : Ecritures

 

Je vous devine. Vous vous dites « ah, encore un taniguchi, on sait ce qu’il va dire »…

Hé bien non. Pour une fois, mon avis sera différent. Sincèrement, je n’ai pas terminé cet album. Pour reprendre la formulation d’un ami, cet album m’a fait pensé « au gourmet solitaire, la cuisine en moins ». Sacré moins en fait. L’aspect contemplatif du gourmet était fort bien marié avec la découverte culinaire. Et ma fois, sans cet aspect, ça devient sec, le contemplatif.

 

Je ne suis pas du tout rentré dans l’album. Il manque un fil conducteur. Ou du moins, un fil plus épais que « un monsieur se ballade et prend le temps d’observer les choses autour de lui ». Je suis ouvert, et encore plus envers la culture japonaise, mais là, non, ce n’est plus possible. Trop minimaliste.

 

Je n’ai pas grand-chose de plus à raconter sur cet album. Ainsi donc, celui de Taniguchi que je n’aimerai pas. Ma foi, il en faut toujours un.


Par Yaneck Chareyre
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Samedi 19 avril 2008


Titre : Terre de rêves

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur : Casterman

Collection : Ecritures

 

 

Et oui, encore du Taniguchi… Ma médiathèque possède un gros stock de ses œuvres. Pas toutes, et je serai celui qui leur fera acheter « Kaze No Sho », dont vous savez tout le bien que je pense.

A chaque fois qu’il y a un Taniguchi, je fonce. Autant aller jusqu’au bout de cette passion. Je n’aurai de cesse de tout lire de lui.

 

"Terre des rêves", je l’ai pris sans savoir ce qu’il y avait à l’intérieur. Je n’ai pas eu à le regretter. J’ai même failli écraser une larme à la fin du premier chapitre, tant je me suis retrouvé bouleversé.

Encore une fois, il ne se passe rien dans ce manga. Pas d’explosions, pas de batailles inter-galactique… Une simple histoire, belle et émouvante. Jirô Taniguchi y raconte ce qu’il a vécu, la perte d’un chien aimé. La mort lente et dans la déchéance de son ami à quatre pattes. L’agonie de ce chien, cette année décrite durant laquelle il descend dangereusement vers la fin, est tout en simplicité, l’essence de Taniguchi. Des mots forts, des dessins très réalistes. On devient triste pour ce couple qui fait tout pour aider leur animal de compagnie. Et puis la suite, l’arrivée d’un nouveau compagnon, différent.

 

Taniguchi dit bien qu’il pensait que jamais cette histoire ne serait publiée. Heureusement pour nous, ce fût le cas, et Casterman y a adjoint une histoire sur la montagne, sur un alpiniste japonais passionné de l’Everest. Une grande passion de l’auteur. Efficace, intéressant, même si passer après « Avoir un chien » est une gageure, tellement cette histoire est forte.

 

Je ne sais pas si je serai un jour déçu par une œuvre de Jiro Taniguchi. Ce qui est sûr, c’est que « Terre de rêves » ne sera pas celles-ci.


Par Yaneck Chareyre
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Lundi 7 avril 2008

 

 

 

Titre : Le Sommet des Dieux

Scénariste : Yumemakura Baku

Dessinateur : Jirô Taniguchi

Editeur : Dargaud

Collection : Made in Japan

 

 

En passant à la médiathèque, j’ai cherché à prendre de quoi écrire en ces lieux. Je m’étais un peu relâché, j’avais baissé le rythme, alors j’ai tenu à me rattraper.

Je suis tombé sur le premier tome du Sommet des dieux, alors je me suis lancé.

Pourquoi ? Pour Taniguchi. Et dans la foulée, je vais créer une catégorie sur ce blog pour rassembler ses œuvres, puisque fondamentalement, quand je parle manga, je parle de Taniguchi, en ce moment.

 

Le sommet des dieux, c’est une série consacrée au monde de l’alpinisme japonais. J’ai d’ailleurs été un peu déstabilisé par ce premier tome. Il commence de manière très intrigante, avec une expédition perdue sur l’Everest, dans les années 20. On a l’impression que quelque chose de pas naturel se passe. D’ailleurs, le narrateur retrouve un appareil photo venu de cette expédition, et on croit alors qu’il recèle quelque chose de secret… Mais le reste de ce premier tome ne nous éclaire pas sur ce point là. Il nous dépeint le personnage d’un alpiniste, Habu Jôji, un personnage secret, venu se perdre dans les montagnes népalaises. Ce premier tome lui est consacré, à son parcours, à ses exploits. Comme si Yumemakura Baku s’amusait avec nous, en nous mettant l’eau à la bouche, puis en déviant volontairement notre attention de l’objet de notre désir. C’est extrêmement frustrant, mais je dois dire que ça donne vraiment envie de lire la suite.

 

J’ai eu peur en lisant cet album. Je dois avouer que je suis phobique du vide. Me faire marcher au bord d’une falaise relève de la gageure. Et quand j’arrive à prendre un chemin proche d’un a-pic,  il me faut toute ma concentration pour ne pas paniquer.

Et je remercie Taniguchi de me faire ressentir cela au creux de mon lit…. Car forcément, qui dit alpinisme, dit hauteur, vide, parois vertigineuses… Qui dit aussi bivouac à flanc de falaise, dans une tente qui tient grâce à des pitons plantés dans la falaise. Rien que de l’écrire, je suis mal à l’aise… C’est vous dire à quel point Jirô Taniguchi est efficace et précis dans son trait. Ses montagnes sont réelles, elles sont menaçantes, elles me font peur.

 

 

Je vais me débrouiller pour trouver les tomes suivants. Une histoire pleine de mystère, un dessin que j’aime vraiment, deux bonnes raisons de continuer le Sommet des Dieux.

Par Yaneck Chareyre
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