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Etienne Davodeau

Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /2009 06:49


Titre: Rural! Chronique d'une collision politique
Auteur: Etienne Davodeau
Editeur: Delcourt



J'aime particulièrement cet ouvrage de Davodeau, car il montre bien comment la bande dessinée n'est pas obligée de se cantonner au divertissement.
En l'occurence, Davodeau réalise là un reportage sur la condition de paysans "bio" dans la région angevine. Cette petite exploitation communautaire fait vivre trois agriculteurs. Malheureusement pour eux, une autoroute va être construite en plein milieu de leur exploitation. Une révolution qui n'est pas au goût de nombreuses personnes dans la région.
Davodeau a donc passé une année avec ces agriculteurs, à prendre des notes, des croquis, afin de pouvoir raconter leur histoire. Un bd-reportage quoi.

Le propos est donc politique et intéressant. On sent bien quelle agriculture ces trois hommes défendent. Et puis, ils sont membres de la Confédération Paysanne, alors ça pose une réputation.
Je ne suis pas un grand amateur du monde paysan, mais je dois bien dire que là, Davodeau parvient sans aucun mal à m'intéresser à leurs problèmes, et à leur point de vue sur leur métier.

Une bd de gauche quoi.
Par Yaneck Chareyre - Publié dans : Etienne Davodeau - Communauté : autour de la BD
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Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /2009 22:24



Série: Lulu femme nue
Tome: 1
Auteur: Etienne Davodeau
Editeur: Futuropolis

Oui, deux livres d'Etienne Davodeau la même semaine. Non, je ne crains pas de vous souler, car autant le précédent m'avait déçu, autant celui-ci m'a profondément emballé. Et puis c'était un cadeau de ma belle-soeur, alors autant en parler tout de suite.

Titre étrange, assez peu évocateur à priori.
Au début de l'album, des amis semblent se rassembler pour parler d'évènements qui se seraient déroulés dans la vie de la dite Lulu. Etrange. Lulu est une femme triste, luttant pour trouver du travail, dotée de trois enfants, et d'un mari amateur de bière et de survêtements. Un jour, sans qu'elle ne sache trop pourquoi, elle ne rentre pas chez son mari après un entretien d'embauche raté. Elle décide d'oser, de se laisser aller à penser à elle. A vivre un peu pour elle. Cette respiration, cette bouffée d'oxygène qu'elle va s'accorder, aura un goût d'appel du grand large qui va chambouler la vie de Lulu. Un de ses amis parviendra à la retrouver, mais ne fera rien pour l'empêcher de mener cette expérience.

Voilà une oeuvre très douce, très parlante. Lulu est une femme banale, avec une vie minable, et elle découvre un goût inhabituel chez elle, celui de la liberté. Elle laisse enfants et mari, derrière elle, et elle profite de quelques jours d'indépendances. Je ne suis pas très attachés à la notion de liberté, mais je dois dire que celle que s'accorde Lulu, j'y suis très attaché. C'est la liberté de ne pas être entravé par la médiocrité de sa vie, celle d'aller de l'avant pour changer des choses. L'évolution, en somme. Et ça, j'espère bien que c'est présent dans ma vie.
C'est donc un premier album qui me parle beaucoup. De belles histoires, simples, mais pleines d'émotions et de finesse. Et puis un final assez énervant, qui ne livre pas beaucoup de réponses et laisse quelques éléments d'importance dans l'ombre. Autrement dit, Etienne Davodeau s'y prend à merveille pour nous donner envie de suivre l'histoire de Lulu.

Des valeurs, de la finesse, finalement, c'est totu Davodeau ça.
Par Yaneck Chareyre - Publié dans : Etienne Davodeau - Communauté : autour de la BD
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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /2009 06:40



Titre: Quelques jours avec un menteur
Auteur: Etienne Davodeau
Editeur: Delcourt


Voici une de mes rares déceptions concernant les ouvrages d'Etienne Davodeau. Je m'explique.
Un groupe d'amis, décide de se retrouver pour une semaine de vacances à la montagne entre mecs. Ils vont découvrir comment chacun a bien changé (ou pas) de ce qu'il était lorsqu'ils étaient jeunes. Et de plus, comme le titre l'indique, l'un d'eux va leur mentir, sans qu'ils ne s'en aperçoivent.



Je ne vois pas tellement, en fait, l'intérêt de cette bd. Est-ce l'étude des comportements du mâle en groupe? Est-ce la comparaison des trajectoires de vie de ces différents hommes? Ou l'introduction du mensonge dans un groupe?
Enfin, de mon point de vue, pas de quoi en faire toute une salade, et pas plus une bd. Je suis peut-être un peu catégorique, mais j'apprécie tellement les oeuvres de Davodeau, dans l'ensemble, que la faiblesse de celle-ci me déçoit un peu.

De plus, son trait n'est pas aussi aboutit que sur "un homme est mort", par exemple, et on a véritablement l'impression d'une bd dessinée à la va-vite.




Ainsi que vous le voyez, je n'accroche ni à l'histoire, ni au dessin.
A mon avis, pour du bon Davodeau, il faut voir ailleurs.


Par Yaneck Chareyre - Publié dans : Etienne Davodeau - Communauté : autour de la BD
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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /2008 11:05
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Titre : Les mauvaises gens- Une histoire de militants

Auteur : Etienne Davodeau

Editeur : Delcourt

 

 

Etienne Davodeau fait partie de mes auteurs favoris, dans la bande dessinée franco-belge. Les choix qu’il fait, sur les scénarios qu’il écrit, ou sur ceux qu’il choisit d’illustrer, sont toujours pertinents, et m’intéressent à chaque fois. Bon, en fait, il y a un ouvrage, « Le Constat », que je n’ai pas trop compris, je vous en reparlerai une autre fois.

Ce que j’aime chez Davodeau, c’est d’abord qu’il soit de gauche et qu’il l’affirme dans ses écrits. Je suis de gauche aussi (forcément, si j’étais de droite, ses vues m’horripileraient), et je retrouve chez lui les éléments d’une culture commune (de classe, aurions nous dit il y a une vingtaine d’années encore), fondamentale, au peuple de gauche. Cétait typiquement vrai avec « Un homme est mort » (cliquez sur le titre pour lire la critique de l’album si vous ne l’avez pas déjà lue), ça l’est tout autant avec cet ouvrage antérieur, « Les mauvaises gens ».

 

Cet album, c’est l’histoire des parents d’Etienne Davodeau. L’auteur reprend d’une certaine façon son rôle de journaliste, ou de scribe de la mémoire, qu’il avait déjà tenu avec « Rural ». Par l’exemple de ses parents, c’est toute l’histoire d’une partie de la gauche, catholique et non-communiste, qu’il nous brosse.

Maurice et Marie-Jo sont issus des Mauges, une région située aux alentours d’Anger. Une région où la puissance de l’Eglise catholique dans la société est l’un des piliers de la vie publique. Une région où le mot révolte est un gros mot. Et pourtant, c’est dans cette région, entre autre, que vont s’implanter des curés aux idées progressistes, conscients de l’importance du travail social. Maurice et Marie-Jo seront membres de la JOC (JOCF pour elle), de la CFDT, et du nouveau Parti Socialiste de François Mitterrand. Ces gens mêlent au mieux leur foi catholique et leur désir de changer le monde.

Davodeau ne nous cache pas grand-chose de cet aspect là de la vie de ses parents, et leur exemple est extrêmement important pour montrer aujourd’hui au peuple de gauche que c’est dans l’union et dans le combat quotidien que se trouve la clé.

 

Ceux qui me connaissent s’étonneront déjà, à la lecture de ces lignes. Comment le « bouffe-curé » que je suis peut-il écrire de longue lignes sans médire une seule fois sur l’Eglise ?

A ceux là, je dis : ne vous en faites pas, ça vient.

Contrairement aux deux « héros » de ce livre, pour moi, l’Eglise est une institution archaïque, conservatrice, du côté des possédants, et le peuple n’a rien à en tirer de bon. D’une certaine façon, le livre soulève la question, car tous les prêtres qui auront essayé de suivre une voie un peu plus « sociale » auront du le payer auprès de leur hiérarchie intolérante. Je ne suis pas marxiste pour rien, et la religion « opium du peuple », cela a un sens.

Mais, il faut bien reconnaître que ce catholicisme social fût le seul moyen, dans les régions où l’Eglise était forte, pour prendre la voie du Changement. Et à l’époque (soit avant qu’elle ne trahisse les salariés), la CFDT avait encore un peu de sens, et encore une place parmi les syndicats de travailleurs. (oui, moi je suis cgtiste lol) C’est encore préférable, plutôt que d’imaginer ces personnes toujours sous la coupe des valeurs de soumission complète transmises par l’Eglise catholique.

 

Ainsi donc, « Les mauvaises gens » est un ouvrage qui provoque le débat, qui interpelle, qui rappelle aussi quels sont les héritages de la gauche actuelle.

Par Yaneck Chareyre - Publié dans : Etienne Davodeau - Communauté : autour de la BD
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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /2008 22:57
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Titre : Un homme est mort

Scénariste : Kris

Dessinateur : Etienne Davodeau

Editeur : Futuropolis

 

   Pour certains, la bande dessinée, c’est un truc de gosse. Pour beaucoup, la BD est un loisir divertissant.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une bande dessinée qui dépasse largement tout cela. Je vais vous parler d’un album qui prend place dans le devoir de mémoire.

Expression grandiloquente, impressionnante, je vous le concède bien volontiers. Par ailleurs, de quelle mémoire suis-je en train de parler ? Il n’y a pas qu’une seule mémoire, et en ce jour, je m’adresse à la mémoire du peuple de gauche. Et oui, pas moins. Ceci dit, vous aviez sans doute deviné, avec cette introduction, que je faisais dans le solennel. A raison, car cet album mérite cette mise en avant.

 

Ainsi donc, peuple de gauche, voilà ce dont je veux que tu te souviennes. Et que Kris et Davodeau ont mis en avant.

Souviens-toi du début des années 50, à Brest, peut-être n’étais-tu pas né.  Souviens-toi de cette grande période de reconstruction qui saisit toute la France, et à plus forte raison les cités du mur de l’Atlantique. Que nous reste-t-il, d’ailleurs, de cette période ? De quoi te souviens-tu ?  De peu de choses, sans doute, le temps faisant son travail d’oubli.

Nos deux auteurs souhaitent donc te voir garder cette histoire en mémoire, peuple de gauche. Cette petite histoire, dans la Grande Histoire.

Oui, vous sentez que je tourne autour du pot, mais je vous rassure, je viens au fait.

 

L’histoire qui nous est contée, c’est celle des grèves du printemps 1950 à Brest. Dockers, ouvriers du bâtiment, de l’arsenal, se mirent en grève pour obtenir de meilleurs salaires. Le Maire MRP de la ville interdisait la plupart des manifestations, se basant sur une législation vichyssoise. Plusieurs députés PCF furent arrêtés, pour cause de supposés troubles à l’ordre public. Le 17 avril 1950, une nouvelle manifestation devait avoir lieu, mais le maire n’avait pas pris d’arrêté d’interdiction. Quelqu’un le réalisa pourtant, et l’antidata, à la demande d’autorités supérieures.

Les forces de police furent présentes en nombre face aux manifestants. Et dans un mouvement de foule, un malheur arriva. A la suite d’un ordre donné par un officier, les policiers tirèrent. Plusieurs blessés dans les responsables de la CGT. Et un mort : le jeune Edouard Mazé.

 

Arrivé peu après sur la ville à la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier devait initialement réaliser un film de formation interne pour le puissant syndicat. Il ira plus loin. Il film bien entendu les grévistes, et les lieux de leurs combats. Les rassemblements liés à la mort de Mazé, aussi. Mais impossible de prendre du son, il n’avait pas le matériel adéquat. Alors une idée lui vient. Utiliser un poème écrit par Paul Eluard, pour la mort du résistant Gabriel Péri, intitulé « Un homme est mort ». Déclamant le poème devant les images, il remplace le nom de Péri par celui de Mazé.

Le film, émouvant, et son texte lu en direct, font le tour des piquets de grève, créant chez tous les grévistes un sentiment de fierté commun. Mais un jour, Vautier ne peut pas lire le texte. Problème de voix. Tizeph, l’un des militants CGT qui l’accompagne partout à Brest, prend se place, et déclame le texte. A sa façon.

Eluard aura la chance d’écouter ce texte, enregistré une unique fois. Il en sortira avec une émotion immense, celle de découvrir l’un de ses textes « digéré » par le peuple.

 

Voilà de quoi parle « Un homme est mort » de Kris et Davodeau.

C’est une ode. Une ode à la lutte. Se battre pour en quoi l’on croit. C’est au peuple de prendre son destin en main, de travailler à améliorer son sort. A lui de se regrouper, de se former, pour peser sur notre société.

 

Un tel album rappelle en quoi être marxiste est une fierté.

Par Yaneck Chareyre - Publié dans : Etienne Davodeau - Communauté : Fous de Bande-dessinée
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